Jeudi 22 mars 2018 "JOURNÉE DE GRÈVE"

, par udfo82

- Le cortège

- Intervention de Philippe CLAVELIN pour FO

DISCOURS DU 22 mars 2018

Pauvre Marianne. Ta longue agonie va bientôt s’achever... Depuis le temps que les gouvernements successifs s’acharnent contre toi, il fallait bien que cela arrive un jour. Toi qui fus si jolie, comme le chantait Michel Delpech, ils auront eu raison de toi. Pour t’atteindre, ils ont touché tes serviteurs, encore et encore. Tes serviteurs ? Les fonctionnaires bien sûr ! Les seuls garants d’un service public universel, qui garantit à chaque citoyen français une égalité de traitement. Ils ont d’abord dit que les fonctionnaires étaient des nantis, des fainéants, inutiles, trop nombreux pour le travail à faire. Petit à petit, ils leur ont supprimé des droits :  Le droit à la retraite à 37 ans et demi en premier lieu, soi-disant dans un souci d’égalité avec les salariés. Mais pourquoi ne pas avoir permis aux salariés du privé de partir à la retraite à 37 ans et demi quand nos jeunes sont au chômage comme le souhaitait FORCE OUVRIERE ?  Ensuite, ils ont bloqué leur point d’indice. Alors que le SMIC est revalorisé constamment tous les ans.  Puis en 2017, ils ont décidé de remettre en place un jour de carence pour chaque arrêt maladie, quand très souvent depuis 2008, les 3 jours de carence subis par les salariés sont remboursés intégralement par leur complémentaire de groupe. Et insidieusement, au fil du temps, sans que cela n’inquiète personne, ils n’ont plus remplacé, ou du moins si peu, les fonctionnaires qui partaient, en retraite ou pour d’autres motifs ; ils ont modifié les recrutements pour remplacer les fonctionnaires disponibles 24h/24 par des salariés moins bien payés, mais qui ne sont pas soumis aux mêmes règles contraignantes de disponibilité. Voilà ma pauvre Marianne, comment tu t’en es retrouvée là, à terre, l’échine courbée. Mais, ça tu le savais déjà, et à FORCE OUVRIERE, nous le savions aussi.... Voilà comment la notion de service public de notre Belle République, ce modèle si souvent envié à l’étranger, a été changé par la notion de service AU public. Ce qui induit un prix à payer par le citoyen qui a besoin du service ; ce qui détruit le principe d’égalité de traitement pour tout citoyen en tout lieu du territoire. Voilà donc pourquoi aujourd’hui les hôpitaux se doivent d’être rentables ; pourquoi on les ferme ; pourquoi on ferme aussi nos bureaux de poste ; pourquoi on ne reçoit plus le public dans nos préfectures ; pourquoi il faut désormais faire soi-même les démarches en ligne ; pourquoi on manque de personnel dans les hôpitaux, les écoles, la police, pourquoi on supprime des liaisons ferroviaires, pourquoi on transforme des entreprises publiques en société anonyme à coup d’ordonnances ... Les exemples sont nombreux, et il y aurait de quoi pleurer. Mais qui s’en inquiète ? La dernière annonce du Gouvernement pour un plan de départ massif de fonctionnaires sur la base du volontariat n’affole que les fonctionnaires eux-mêmes et les syndicats, dont FO. Le fait que cela ne soit pas légal à ce jour ne dérange pas non plus le Gouvernement. En tout cas, pour FO, deux évidences : le service public plutôt qu’un service au public. Et pas de République sans service public, et pas de service public sans fonctionnaire ! Citoyens et citoyennes de France, réveillez-vous ! Quel service public voulez-vous demain pour vos enfants ? Un service rendu différent selon qu’ils auront choisi – ou pas d’ailleurs - de vivre en ville ou à la campagne ? Un service à la tarification onéreuse et inégalitaire ? Cela, c’est un service AU public. FO tient d’ailleurs à remercier ici tous ceux et celles qui sont venus les soutenir, ainsi que tous ceux qui ont choisi ce jour pour exprimer leur mécontentement face aux attaques qui leurs sont faites par le gouvernement. Car aujourd’hui, au-delà des fonctionnaires, les étudiants de 4 facultés sont dans la lutte, mais aussi le personnel de l’action sociale, les contrôleurs aériens, les cheminots, les retraités, les agents d’assurance... et bien d’autres encore. Monsieur le Président, vous ne voulez pas voir la colère des français, vous ne voulez pas en parler dans les médias, et pourtant ils sont présents aujourd’hui. Les fonctionnaires soutenus et rejoints par de nombreux concitoyens, sont à nouveau aujourd’hui dans la rue pour défendre leurs droits, certes, mais aussi pour défendre leur République, la vôtre. Celle qui garantit l’égalité de traitement en tout point du territoire. Celle qui défend le service public et non au public. Oui, ce jeudi 22 mars, les fonctionnaires ne se mobilisent pas pour eux, mais pour vous tous, pour notre Marianne et notre fierté d’être français. Applaudissez-les. Fonctionnaires, applaudissez-vous ! Merci.

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