Journée de mobilisation du jeudi 16 novembre 2017

, par udfo82

Rassemblement à 12h00 devant la Préfecture

Intervention d’Éliane TEYSSIÉ

Aujourd’hui, FORCE OUVRIERE reprend toute sa place au sein des manifestations aux côtés de la CGT et Solidaires contre les réformes du Président Macron. Alors pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ? … se demandent sans doute encore certains d’entre vous.

Tout simplement parce que FORCE OUVRIERE a souhaité peser de tout son poids, de tous ses arguments, dans les concertations de la loi Travail version Macron, depuis le début des concertations en juin… jusqu’à la parution des décrets d’application fin octobre. Et partir trop tôt aurait, à coup sûr, nuit grandement aux échanges entre le Gouvernement et notre organisation. A présent, la concertation concernant la loi Travail est définitivement terminée.

Il faut aussi tenir compte du contexte. A l’inverse du Président Hollande qui avait engagé une réforme allant à l’encontre des promesses qu’il avait faites aux français durant sa campagne, le candidat Macron, quant à lui, avait annoncé dès le départ son intention de réformer le Code du Travail par ordonnances, et d’aller encore plus loin que son prédécesseur. Et, même si on ne peut que regretter la règle du calcul de la majorité dans les élections françaises, il faut bien constater que le candidat Macron a été élu avec une forte majorité. Et FORCE OUVRIERE est respectueuse de notre démocratie. Est-ce que cela veut dire pour autant que tous les français souhaitaient ce type de réformes ? Oh, bien sûr que non. En tout cas, pas plus dans les rangs de FORCE OUVRIERE que dans ceux de la CGT ou Solidaires. Non, mais la loi est là, et la loi va s’appliquer. Et si FORCE OUVRIERE peut s’enorgueillir d’avoir arraché quelques points positifs (comme par exemple le fait que tout ne se négocie pas au niveau de l’entreprise), on ne peut que constater que, dans bien des domaines, cette loi Travail se veut assassine envers les droits des travailleurs. Oui, dans les ordonnances du Docteur Macron, il y a bien trop de poisons contre les droits des salariés.

Mais à FORCE OUVRIERE, nous ne lâcherons rien ! Le combat contre la loi Travail continuera. A chaque fois que cela sera possible, ce combat se fera devant les juridictions compétentes. Nous pouvons encore faire abolir cette loi. Souvenons-nous des contrats premier emploi. Ils sont tombés en désuétude à force de procès. Il faut y croire. C’est encore possible. Mais pour cela, salariés, fonctionnaires, chômeurs, retraités… nous devons tous nous unir. Il faut se structurer dans et en dehors de l’entreprise.

A la Loi Travail version Macron, il faut rajouter encore les attaques contre les fonctions publiques. Cette journée est aussi la suite de celle du 10 octobre. Malgré le succès de celle-ci, le gouvernement a refusé de revenir sur sa décision de geler le point d’indice, ou de compenser de façon pérenne la hausse de la CSG. Il maintient ses coupes budgétaires dans les collectivités locales et les établissements de santé ce qui va engendrer des suppressions de poste massives. D’ailleurs, en ce moment même et à Montauban, les agents de l’hôpital sont en grève et en lutte, et manifestent devant le réfectoire de l’hôpital. Car le service de restauration y est menacé de privatisation. 40 emplois sont directement impactés. L’Union départementale FORCE OUVRIERE Tarn et Garonne souhaite leur exprimer ici tout son soutien. Etre présent aujourd’hui, c’est aussi pour dire « assez ! » aux politiques ultra-libérales qui font des cadeaux au monde de la finance via des financements tels le versement du CICE, financements qui profitent aux grandes entreprises, celles-là même qui demandent l’asservissement toujours plus fort des salariés. Et « Assez ! » des politiques qui ne s’emploient jamais à résoudre le problème de l’évasion fiscale. Oui, être présent aujourd’hui, c’est prévenir le Président : « Attention, monsieur le Président, dans le choix que vous ferez concernant les réformes que vous allez mener dans un futur proche sur le chômage, la formation professionnelle et les retraites. Et si comme par le passé, FORCE OUVRIERE privilégiera la voie de la négociation et de la concertation, elle n’acceptera pas que les salariés soient considérés une nouvelle fois comme les seuls responsables de la récession en France. Alors, oui, FORCE OUVRIERE a toute sa place dans cette manifestation et nos militants sont fiers d’être devant vous aujourd’hui. Ils continueront demain, comme ils l’ont toujours fait, à défendre l’intérêt des travailleurs, qu’ils soient actifs, chômeurs ou retraités. Merci à eux et merci à vous pour votre attention.

- Appel National à la mobilisation

- Éliane Teyssié (SG UD FO 82) et Karine Montagnini (SD FO COM 82)

- Salariés du Privé

- Salariés du Public