Mobilisation de la Fonction Publique

, par udfo82

Grève, Le Mardi 10 Octobre 2017

- Intervention pour le service public (Philippe CLAVELIN)

Cher camarades,

Je vais essayer de m’exprimer au nom des fainéants qui foutent le bordel.

Lors de la nomination du gouvernement, toute ambigüité a été levée : Les fonctionnaires ne méritaient pas un ministère de la fonction publique à part entière. Ils dépendront directement d’un ministère directement rattaché à Bercy et à l’économie. Nous ne serions donc uniquement qu’une lourde charge qui devra être réduite le plus possible afin de ne pas pénaliser l’objectif des 3% du PIB. Nous ne sommes pas une, mais LA variable d’ajustement du budget.

Alors, on va supprimer 120 000 postes d’agents sur 5 ans, dans les effectifs de la fonction publique.

On va augmenter de 1,7 % la CSG, en la compensant mal, puis de moins en moins, pour les agents en poste au 1er janvier 2018. Pour les (quelques) nouveaux arrivants, remarquez, ils ne le sauront pas, ils vont juste commencer leur carrière avec un salaire plus bas que leurs collègues qui ont débuté 1 an plus tôt. Au chapitre de la discrimination, dont on parle tant, voilà encore un bel exemple !

Les budgets continuent de baisser dans les différentes fonctions publiques et dans les établissements de santé.

Réapparition du jour de carence qui jette l’opprobre sur ces fainéants de fonctionnaires et, qui au lieu de limiter les arrêts courts va inciter à s’arrêter plus longtemps : « quitte à perdre une journée …. ! ! ! » Et soit dit en passant, tous les experts s’accordent à dire que les arrêts maladie courts sont un signe caractérisé du mal-être au travail.

Pour ce qui est de l’augmentation de salaire, on va reprendre les bonnes habitudes des années passées, avec le gel de la valeur du point d’indice en 2018. Et puis, si on pouvait ne pas avoir la même valeur selon la fonction publique dont on dépend : Discrimination, quand tu nous tiens !

Il devait y avoir un rendez-vous salarial, ce matin, qui est reporté. Un rendez-vous avec comme base de discussion, l’annonce du gel, comme indiqué juste avant. Et dire que certains avaient cru en signant le PPCR, qu’ils allaient améliorer leur situation, à travers un plan qui devait s’étaler au-delà de la durée de vie du gouvernement qui le proposait. Quelle naïveté ! FO n’a pas voulu le signer, et s’en félicite d’autant plus.

Jusque à présent, il n’a été question que de restrictions, économies, brimades, mais dans le discours du gouvernement il n’est jamais question de service public républicain, auquel est viscéralement attaché Force Ouvrière. Avec tout ce que j’ai évoqué plus tôt, cela va déboucher sur un service rendu au rabais, avec toujours plus à réaliser avec moins de moyens.

Ce sera une santé où le personnel soignant déjà exsangue va être encore plus mis à contribution. Des préfectures où presque plus aucun service ne sera rendu, avec une dématérialisation poussée à son maximum. Des services administratifs qui n’accueillent plus les usagers, si ce n’est sur rendez-vous. Et lorsqu’un d’eux rencontre un souci, on lui conseille d’appeler une plateforme « hot-line », le plus souvent payante, ou de voir cela sur le site internet, système excluant de fait les plus fragiles : les anciens, les précaires et d’autres encore. Des bureaux de poste de moins en moins nombreux qui vont faire beaucoup de choses pour lesquelles ils ne sont pas prévus, et distribuer de moins en moins de courrier ou de colis. Une fonction publique territoriale qui va être impactée le plus fortement par la baisse des effectifs (70000 sur les 120000), alors que le gouvernement ne cesse de lui déléguer des missions …, à l’image de l’entretien des routes il y a quelques années ! Des services de l’état, qui n’ont plus les moyens de rendre les services pour lesquels le gouvernement promet beaucoup, à l’image des paiements des agriculteurs par les DDT, pour la PAC.

Alors oui, tout cela a un coût, mais qui n’est rien lorsqu’on doit le comparer à celui qui reviendra aux citoyens qui devront se tourner vers le privé (les cliniques, l’enseignement privé, les organismes de certification, etc.)

La mobilisation de la journée d’aujourd’hui est scrutée par le gouvernement qui a repoussé de quelques jours le rendez-vous salarial. Nous nous devons d’être visibles.

Vive le Service Public Républicain pour toutes et tous. Cela n’a pas de prix !

- Public et Privé

- Quelques participants...

- Tract Intersyndical