Réunion Egalité Professionnelle du 8 mars 2018

, par udfo82

DISCOURS 8 MARS 2018

Depuis le début du XXème siècle, les luttes féministes ont permis de conquérir des droits et de progresser vers l’égalité entre les femmes et les hommes. Voici quelques dates qui ont marqué l’histoire : 1907 : une loi autorise les femmes mariées à disposer librement de leur salaire. 1924 : les programmes de l’enseignement secondaire ainsi que le baccalauréat deviennent identiques pour les filles et les garçons. 1944 : droit de vote et d’éligibilité pour les femmes 1945 : suppression de la notion de « salaire féminin ». La notion, « A travail égal, salaire égal » est inscrite dans la législation. 1946 : le congé maternité devient obligatoire et partiellement indemnisé. 1965 : les femmes peuvent exercer un travail sans l’autorisation de leur mari. 1975 : Loi Veil dépénalisant et encadrant l’interruption volontaire de grossesse. 1985 : le congé parental est ouvert à chacun des deux parents, au choix. 1992 : loi contre le harcèlement sexuel dans les relations de travail. On pourrait toutes les citer, mais le temps nous manquerait. On pourrait toutes les citer, et pourtant... plus d’un siècle après les premières lois, l’égalité hommes/ femmes est loin d’être effective. Non, le « 8 mars » n’est pas une fête, ce n’est pas non plus la « journée de la femme ». Le 8 mars, c’est la journée internationale de convergence de toutes les luttes des femmes, d’ici, et d’ailleurs. L’égalité entre les femmes et les hommes participe au progrès social. Laisser perdurer les inégalités, c’est porter une responsabilité sur le fait que les idées rétrogrades progressent, que le patriarcat perdure. Non, la cause des femmes n’est ni secondaire, ni une opération de communication. Elle ne se limite pas à féminiser les postes de direction en oubliant que la majorité des femmes subissent des temps partiels imposés et vivent dans la précarité.

Le Président Macron a fait de l’égalité femmes / hommes la priorité de son quinquennat. C’est super... Sauf que ! La loi Travail vient aggraver la négociation en faveur de l’égalité :  En permettant tout d’abord aux branches de reporter de 3 à 5 ans la négociation triennale sur l’Egalité Professionnelle ;  En permettant ensuite aux entreprises de repousser à 3 ans leurs négociations obligatoires auparavant annuelles alors qu’elles traitaient de sujets en lien avec l’égalité, comme le suivi des mesures visant à supprimer les écarts de rémunération et les différences de déroulement de carrière, comme la qualité de vie au travail et l’articulation entre vie professionnelle et vie privée ;  En empêchant enfin la négociation d’entreprise et donc d’avoir un accord plus favorable que celui du groupe.

Non, monsieur le Président, l’égalité femmes / hommes ne doit pas être qu’un effet d’annonce vous permettant de redorer votre blason. En effet, si la lutte contre le sexisme et le harcèlement sexuel est un aspect majeur de l’égalité professionnelle et de l’importance accordée aux femmes dans le monde du travail, c’est loin d’être le seul problème rencontré par les femmes. Gardons en tête qu’en 2010 et dans le secteur privé, les femmes avaient un revenu salarial inférieur de 28% à celui des hommes ; dans la fonction publique en 2012, l’écart était encore de 15% ; quant aux pensions de retraite, il était de 42% en 2011 ... Sans doute ceci est-il à mettre en lien avec le temps partiel imposé subi par les femmes et leur précarité : 80% des emplois à temps partiels sont occupés par des femmes et 85% des salariés ayant plusieurs employeurs sont des femmes. C’est pourquoi nos organisations sont parties prenantes dans cette journée internationale. OUI ! L’égalité entre les femmes et les hommes, c’est une question de justice sociale et de démocratie, OUI ! L’égalité entre les femmes et les hommes, c’est aussi un levier pour gagner l’émancipation de toutes et tous.